je sais, je suis désolée, je regrette et j'ai finis par comprendre.
ça paraissait très clair, et ça ne l'étais pas.
ni de la fatigue, ni de la faim, ni même un autre facteur atténuant que j'aurais pu évoqué pour justifier, comme toujours les choses dont je suis responsable.
peut-être que ça n'était pas si grave, la seule chose que je n'ais pas saisi dans cette histoire, c'est la gravité.
si on se base sur mon échelle de valeur, c'était grave, basons nous sur cette échelle, puisque pour l'instant, c'est la seule dont je dispose.
c'était moi, c'était moi depuis le début.
c'est moi qui suis obsessionelle, et excessive.
ce qui m'as pris, ne m'a en réalité pas pris tout d'un coup, n'a pas était le résultat d'un récent traumatisme, et n'a rien à voir avec quoi que ce soit qui se soit passé ces dernier jours. je précise que quels que soit ces événements, ils ont été tout au plus, de vagues accélérateurs.
je pense que tout à commencé avant. peut-être au début de l'année, ou à la fin de l'année dernière, pour tout dire, ça non plus je n'en suis pas sure.
mais je sais d'où ça vient.
une crise d'identité.
si ça se trouve, la fameuse crise d'adolescence, parce que tout le monde aimerait, au fond, se dire que ça a commencé à 14 ans et que ça finira avant 18. la vérité c'est qu'à n'importe quel moment, on peut se chercher, maintenant comme il y a 5 ans et comme dans 20.la seule chose nécessaire c'est un cerveau en marche.
quelqu'un qui ne sait pas qu'il est ne pourrait pas se demander qui il est.
j'ai un cerveau en marche, et je sais que je suis, parce que le simple fait de pouvoir communiquer le prouve.
mais je ne sais pas, ou du moins je ne croyais pas savoir, si j'existe.
si j'existe, c'est à dire si j'existe pour les autres. ce sont eux qui m'importent, les autres. c'est pour ça que j'ai un style, un blog, et même, si on pousse plus loin, un manque de confiance en moi. c'est pour ça aussi que je suis obsédée par moi, moi, mon intelligence, mon apparence, mon image.
c'est pour les autres que je passe mon temps à essayer de mixer le mieux possible tout les éléments qui me composent .
dans quel but? dans le but d'être, en gros, aimée, admirée, désirée, et j'en passe.
pour que les autres éprouvent quelque chose quand ils me voient.
pouvoir exister, car c'est la ma définition de l'existence.
la chose la plus importante pour moi, ce n'est pas moi à proprement parler, c'est les autres par rapport à moi.
j'ignore si il en va de même pour tout le monde, mais moi je vis vers l'extérieur, pourtant recluse à l'intérieur.
je suis prisonnière, prise au piège de "léa" et de tout ce qu'elle implique.
des choix, des opinions, des comportements qu'elle ne peut pas changer, car être, c'est en premier lieu assez figé comme état. et puis on évolue, lentement, mais la nature profonde reste plutot la même.
c'est ce que je voudrais connaitre, la nature profonde de léa. toute la crise se base la dessus.
"qui suis-je? je n'existe pas! ne m'appelle pas léa. "
je suis figée, personnalisée, quand je voudrais juste être les émotions éphèméres qui traverse de temps en temps les autres. je suis lourde quand je voudrais voler, trop légère quand je voudrais me poser, trop rapide pour être saisis et trop lente pour fuir les jugements. je suis tout simplement, je suis quand je voudrais exister.
en gros, hier soir, j'ai craqué. j'ai cru un instant, exister de la façon dont je voudrais. je me suis oubliée, et je n'ais plus pensé qu'aux "autres" mais au mauvais autres, aux autres qui saississent très bien la nuance de ce que je suis, et qui, comme n'importe quelle personne atteinte de lucidité quand les autres sont dans le broulliard, en profitent.
et puis, il y a les autres autres, ceux qui comptent vraiment, mais que je ne perçois pas comme telle puisqu'ils sont dans ma nature profonde, ils sont figés, ils sont, tout simplement.
ce sont eux que j'ai blessé, et je vient de comprendre la terrible subtilité. quand vous existez pour quelqu'un, vous pouvez être admiré, aimé, désiré, mais quand vous êtes pour quelqu'un, vous pouvez également le blesser.
être et accepter d'être, c'est assumer des responsabilités. on n'a pas le droit de se contenter d'exister avec ceux pour qui on est.
et c'est ce que j'ai fait.
j'ai bafoué une des choses les plus importantes, la confiance, l'amitié.
tout ça n'excuse rien, mon obsession du paraitre, et mon dégout de l'être ne pourrais pas excuser le bafouement de l'amitié.
rien de tous ça n'est une justification, juste quelque explications, embrouillées, que j'essaye d'ordonner dans ma tête et par écrit.
je ne m'excuse pas, je présente mes excuses.
désolée